texte de Marianne Bornand

Bienvenue à toutes et à tous,
C’est très émouvant de revoir des visages « disparus » depuis de longues années et dont leur propriétaire sont devant nous pour nous rappeler de bons souvenirs et de ce fait de nous mettre face au temps qui passe trop vite.
Il vous a été rappelé le travail varié que  l’écrivain public peut fournir et c’est pourquoi je ne ferai pas rémunération de tout ce que nous sommes en mesure de faire.
Je vous ai apporté la statue du scribe égyptien que l’on a peine à trouver actuellement dans le pays d’origine ; il s’agit donc de notre ancêtre.
Sept mille ans plus tard, seuls les hommes d’église étaient lettrés et venaient en aide à la population non éduquée.
Suite à la caricature de Daumier en 1835, on décrivait  l’écrivain public comme confident des femmes de chambre, poètes des cuisinières, interprète amoureux des soldats et juriconseiller des portiers. L’image de l’écrivain public du XIXe siècle est sombre, on le voit sous les ponts de Paris, vêtu de noir et peu avenant.
L’école a timidement instruit des privilégiés de la société. A grands tapages de réformes, la dictée a été bannie, d’où une orthographe et une grammaire déficientes. La génération des futurs enseignants est très maladroite en tout ce qui touche à la langue française …
L’appellation d’origine non contrôlée de  l’écrivain public a toujours intrigué le public, d’où l’éternelle question : «Ecrivez-vous des lettres d’amour?»
Professeur de français, j’ai ouvert mon échoppe en 1982 et suis devenue présidente de l’AEPS la même année. En 1989, l’Académie européenne a vu le jour à Bruxelles dont je suis toujours présidente…
De 2000 à 2010, j’ai eu le privilège d’étoffer mon vocabulaire juridique en étant juge au Tribunal d’arrondissement de Lausanne. Le service d’écrivain public de la Maison de la Femme a été créé en 1991 et j’en ai assuré la bonne marche pendant 20 ans.
Reconnaissance flatteuse, j’ai été invitée à la Sorbonne en 2002 pour parler de la profession dans la section «licence professionnelle d’écrivain public, assistant en démarches administratives et en écritures privées».